Voilà un dernier petit billet IA sur Ponos parce qu’on sature tous du contenu IA, même si c’est bien normal cela chamboule complètement notre monde.

Point d’étape ou final (je n’en sais rien) sur Ponos donc. Mes dernières réflexions. En vrac, pour moi, et ceux qui lisent encore.

Charge mentale

L’IA absorbe, aspire. J’ai une bonne capacité à entrer dans le flow, à avoir un focus qui me fait passer dans un état second de concentration intensive sur un sujet, notamment d’écriture. Avec l’IA cela intensifie cela. On ouvre un claude en console, un second, un troisième, le temps qu’il travaille on se lance sur un autre projet et là aussi deux ou trois consoles. Puis c’est la surcharge cognitive. C’est mon cerveau qui atteint ses limites. Ça fume.

Langage

L’IA est puissante avec tout ce qui est langage : code, texte, traduction, etc., etc., n’oubliez pas cela.

Finito los user stories

Les user stories c’était pour bien orchestrer la fabrication. Bien accompagner la communication avec ceux qui fabriquaient. Maintenant c’est l’IA qui fabrique, et on n’a vraiment plus besoin des US ou alors sous un format de test directement pour encadrer la fabrication : gherkin ou atdd (acceptance test driven development).

Just in time fonctionnel

D’ailleurs on n’a plus besoin de spécifications je pense (à ne pas confondre avec la documentation). J’entends “grosse spécification”. On disait toujours un backlog au-delà de 30 éléments c’est n’importe quoi. C’est encore plus vrai.

Soit on aborde un sujet connu (genre fais-moi un site de rencontres, fais-moi un site de pari en ligne, fais-moi un crm pour mon équipe commerciale, fais-moi un linkedin opensource européen, etc), et là le terrain est bien connu de l’IA. Il suffit donc simplement de lui dire de faire. Puis on travaille par itération. Si c’est du réglementaire encore moins besoin d’écrire des spécifications, il suffit de suivre le règlement.

Soit c’est un produit qui émerge et là donc, ben on itère.

Pour moi : plus de specs, plus de backlog. Du “just in time” fonctionnel.

Les éditeurs logiciels vont être secoués

Par tous, mais certains ont à se faire du mourron. Ils le savent : les chutes en bourse l’annoncent. Dans mon cas personnel : abonnement à un Learning Management System pour les masterclasses du projet Winston. 1300€ par an. J’ai mis deux semaines pour fabriquer le mien, mieux car il s’adapte parfaitement à mes besoins. Cela me coûte 300 euros annuels hébergement, et disons ponctuellement 1 mois de claude max (100 euros).

Et puis ça y est je croise “factory IA” sur “factory IA” qui sont là pour tout remplacer. Tout. Humain. Soft. Etc.

Niveau d’abstraction

L’IA est un nouveau niveau d’abstraction, on ne regarde plus le code, et c’est ok.

Beaucoup d’anthropomorphisme avec les agents : erreur à mon avis

Je vois beaucoup d’exemples d’agents sur un mode anthropomorphique : agent du responsable infra, agent du responsable qualité, etc… Ça part d’une bonne intention pour faire comprendre les agents mais cela enferme dans une erreur. Souvent un “responsable”, un humain, n’a pas une seule fonction bien précise. Or je pense que c’est plutôt cela pour les agents. Et dire : un agent qui regarde spécifiquement toutes les questions de performance front, c’est mieux que le rapprocher d’un rôle humain.

Le rejet de l’IA

J’observe, notamment sur mastodon, un déni flagrant des résultats de l’IA, mais pas que sur mastodon.

J’espère grandement que tous ces gens ont raison. Je pense tristement qu’ils ont tort.

On dirait l’installation du télégraphe : en 1858 les gens ne croyaient pas aux nouvelles car “elles arrivaient trop vite”.

Prise en main politique

Ce que je ne comprends pas non plus c’est l’absence de prise en main politique sur le plan social. On voit un mur approcher très vite : l’IA va remplacer beaucoup de métiers. Et oui probablement de nouveaux métiers vont apparaître, mais dans le laps de temps il y aura un choc. Alors deux options: soit le temps de quelque chose comme le revenu universel est largement arrivé, soit on va basculer dans une relation nocive maître/esclave. L’histoire récente (et ancienne) ne me rend pas optimiste.

D’autant que l’IA pour l’instant est puissante dans les mains de personnes avec des approches globales, systémiques, des entrepreneurs, et pas de nombreux autres profils (qui ont leurs propres qualités mais qui sont en concurrence beaucoup plus directe avec la machine).

Naturellement tous ces points sur l’IA seront remis en question tous les six mois.

Et Ponos

Et bien comme prévu il se prend le mur du reach. Donc comme Cthulhu, il risque de dormir au fond des mers en attendant a) une évolution des lois sur les connexions entre services pour propager les comptes, b) un clash politique américano-européen, etc. Et comme Cthulhu il peut attendre le temps qu’il faudra.