pablo pernot

Are you experienced ?

Bon sang que ce billet a du mal à sortir. Il a été démarré en février 2011, repris en août. Et je sèche j’ai juste l’impression d’écrire un truc totalement inutile. Mais j’ai besoin d’exprimer ces idées, et je ne sais pas comment cela sera compris. “Tout le monde s’en fout pablo crache ton truc”. ah ok voilà qui me rassure. allons-y donc.

Passe ton cycle en V d’abord

Pour encadrer des équipes agiles ou faire du coaching il faut de l’expérience (oui j’ai décidé d’enfoncer des portes ouvertes).

Et mon avis est que l’on est probablement plus efficace en agile si on a une expérience du projet classique, ou disons celui qu’on appelle en V (peut-être à tord : voir les billets de Claude ici et ), car celui-ci constitue un socle non négligeable en terme d’expérience (dans tous les points de vue).

On est bien plus à même de comprendre certaines orientations de l’agile en ayant un retour d’expérience sur des projets “traditionnels”. Nous percevons mieux la différence entre ces deux façons de faire et donc les choix opérés par l’agile. N’oublions pas que ce mouvement a été lancé en réponse à la façon de faire des projets classiques, le manifeste agile veut montrer “comment mieux développer des projets”. Notre compréhension de l’agile est meilleure car nous en percevons mieux les fondements et les raisons en ayant connu son point de référence (ce à partir de quoi il se positionne): le projet dit classique, en V, en cascade, etc. Comme le fait un mouvement musical, artistique, etc.

Mais est-ce suffisant pour dire qu’il faut avoir passé son cycle en V d’abord avant d’entamer l’agile ? Que les gens qui n’ont jamais connu les projets “classiques” sont handicapés pour faire de l’agile ? Finalement je doute sérieusement de la validité de mon raisonnement. Ne serait-ce pas là une réaction de mon système immunitaire de consultant (vieux ? j’ai eu 40 ans en juin) face à cette marée dépareillée de jeunes loups ? Toutes ces personnes qui feront de l’agile sans avoir connu d’autres alternatives ne vont-ils pas garder une spontanéité rafraîchissante ? Pas de “mémoire du muscle” qui se rappellera à eux (“merde merde je suis en train d’être trop directif et d’étouffer ces gars”). Oui d’accord ils n’auront pas de référence, ni d’expérience, mais peut-être que cela va leur laisser une liberté d’action que nous n’avons peut-être plus ?

Oui oui et oui …mais aussi non :  je parle d’encadrement, d’accompagnement, de coaching.  Pour ces rôles la spontanéité etc. sont des qualités plus dangereuses qu’il faut savoir maîtriser. Donc oui pour participer à des projets agiles, mais je suis beaucoup plus mitigé pour les encadrer et les accompagner. Et en fait je ne fais donc effectivement qu’enfoncer des portes ouvertes : c’est un plus si on a de l’expérience pour accompagner ou encadrer des projets agiles. Cette expérience est peut-être encore plus utile si il s’agit d’avoir réalisé dans le passé des projets classiques.

  Ecrire un post inutile (mais il fallait qu’il sorte car je ne peux pas écrire autre chose avant d’avoir fini celui-ci).

Je rebondis sur un autre débat qui va me ramener à la même source :

Ah mes amis l’agile n’est plus ce qu’il était !

Bon ben mon avis là dessus c’est qu’il ne faut pas trop être critique. Ce succès est un succès. Ah cette honte : c’est devenue la mode, beurk. Nous sommes plus l’élite underground, gasp ! Vous ne voulez tout de même pas que l’agile reste une chose isolée et connue d’un seul groupe d’élus ? (C’est presque ce qu’a sous-entendu Marick lors de sa keynote à XP2011 Madrid, et donc même si son discours se voulait anarchiste, sur ce point c’était très conservateur à mon avis, enfin c’était ma compréhension de sa keynote).

Naturellement les choses évoluent et l’agile ne fait pas exception à la règle (cf par exemple la nouvelle version du scrum book, -que je n’ai pas encore lu-). De part son succès il est confronté a beaucoup plus de choses et il doit y faire face. Oui.

Et oui il doit garder son identité naturellement (mais ne pas s’enfermer).

Et oui il y a des dérives, des tentatives de récupération etc etc il faut être vigilant. Mais de là à crier aussi fort au loup, je ne sais pas.

Pourquoi autant de craintes ? Probablement car le “ticket d’entrée” de l’agile est très bas. C’est sa force et sa faiblesse. Lisez un ou deux ouvrages, emparez vous de quatre grandes valeurs, et vous voilà le maître de la mêlée ! Et ça oui c’est très dangereux. Beaucoup d’apprentis sorciers probablement. Et donc, c’est aussi plein de gens très volontaires et optimistes qui souhaitent apprendre et aider. Parmi ces gens il y aura des gens très doués qui font faire des merveilles très rapidement. Ils sont cependant une minorité il ne faut pas se raconter des histoires.

Donc je retourne à mon idée première : la force de l’agile est la facilité son apprentissage par son approche “compacte” (pas la peine de lire Guerre & Paix) mais il faut compenser ce revers de la médaille en plaçant des gens expérimentés aux postes clefs : accompagnement, encadrement, évangélisation, etc.

So, are you experienced?

Have you ever been experienced?

Well, I have

Let me prove you…

 


coach coaching coachagile